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Annie Bernier

Dirigée par Marie-Marthe Cousineau, professeure titulaire à l’École de criminologie de l’Université de Montréal

  • Thème : Le processus d’affranchissement des victimes de traite de personnes à des fins d’exploitation sexuelle au Québec
  • Objectif général : Documenter le processus menant une victime de traite à des fins d’exploitation sexuelle à se soustraire de la domination et à s’affranchir du souteneur, au Québec.
  • Objectifs spécifiques :
    • Documenter les trajectoires de vie des victimes afin d’en identifier les transitions et les points tournants autour du processus de traite de personnes.
    • Connaitre les stratégies de protection ou de résistances utilisées quotidiennement au cours de la situation d’exploitation.
    • Comprendre comment les personnes ayant été victimes de traite à des fins d’exploitation sexuelle sont parvenues à s’identifier comme s’étant affranchies, et le cas échéant, émancipées de la domination.
    • Documenter les domaines et catégories de pouvoir structurant les expériences des personnes victimes de traite de personnes à des fins d’exploitation sexuelle.
  • Un aperçu de la problématique : Depuis le début du siècle, on constate une augmentation notoire de l'intérêt pour la traite de personne tant au niveau sociétal que dans la recherche scientifique. Les recherches effectuées avec les intervenants travaillant avec les victimes de traite à des fins d'exploitation sexuelle renseignent notamment sur le processus de traite. En effet, on connait plutôt bien les processus de recrutement nationaux (Hunt, 2014; Oxman-Martinez et al., 2005; Perrin, 2010; Ricard-Guay et Hanley, 2014; Ricci et al., 2012) et internationaux (Oxman-Martinez et al., 2005; Perrin, 2010, Ricci et al., 2012). Ces mêmes recherches renseignent également sur les techniques utilisées afin de garder le contrôle sur la victime. Lorsqu'il est question de la sortie, beaucoup moins d'études s’intéressent à cette étape du processus. Il semblerait que la sortie de la situation de traite de personnes à des fins d'exploitation sexuelle tire souvent de la chance (Ricard-Guay et Hanley, 2014). Ricci et al. (2012) et la CLES (2014) avancent que la sortie de l'exploitation sexuelle s'avère être un processus en lui-même. Toutefois, peu d'études s'intéressent particulièrement à cette période. La difficulté à recruter des victimes de traite de personnes à des fins d’exploitation sexuelle fait en sorte que très peu d’études portent sur l’expérience de ces femmes. C’est notamment le but premier de cette thèse doctorale soit, redonner la parole aux femmes en ce qui a trait à leur victimisation.
  • La méthodologie envisagée : Un devis de recherche qualitative est utilisé dans le cadre de cette thèse. Inspirés des calendriers de vie, un premier entretien semi-dirigé sera effectué avec 20 femmes ayant vécu la traite de personnes à des fins d’exploitation sexuelle. Une deuxième entrevue sera nécessaire afin de valider l’analyse effectuée sur la trajectoire de vie. Il sera également question de creuser comment les différentes catégories de pouvoir, tirées par le féminisme intersectionnel, structurent les trajectoires des participantes rencontrées.

Annie Bernier

Candidate au doctorat en sciences humaines appliquées de l'Université de Montréal

annie.bernier.4@umontreal.ca