Portraits des membres

Vanessa Scraire-Laframboise

Dirigée par Sonia Gauthier

  • Thème: Travail social en milieu policier
  • Objectif général : Projet qui vise à expérimenter un modèle d’intervention géré par un corps de police et par un centre intégré de santé et de services sociaux (CISSS), afin de mieux répondre aux demandes de nature psychosociale suite à un appel logé au 911.
  • Objectifs spécifiques:
    • ​​Création d’un solide partenariat entre le service de police de la Ville de Saint-Eustache, le Centre intégré de santé et de services sociaux des Laurentides (CISSSL) et les diverses ressources de la région.
    • Permettre une intervention psychosociale rapide au moment où l’individu ou la famille vit une crise ou présente un besoin de nature psychosociale via un appel aux policiers.
    • Permettre de libérer les policiers lorsque les appels d’urgence sont de nature psychosociale et que les lieux sont sécurisés.
    • Assurer la liaison et un accompagnement personnalisé entre les différents services et organismes communautaires ou du réseau de la santé requis par l’usager.
    • Favoriser la concertation clinique concernant les dossiers complexes afin de combiner l’expertise psychosociale ;a l’intervention policière dans l’optique de mieux comprendre et évaluer les besoins de la personne.
    • Innover ay niveau du statut de l’intervenante en permettant qu’elle relève d’une cogestion (réseau de la santé et service de police de la ville de Saint-Eustache)
  • Un aperçu de la problématique

Actuellement, on remarque une importante quantité d’interventions policières dans des situations à caractère psychosocial. L’absence d’intervenants sociaux sur le terrain fait en sorte que certaines personnes en détresse ou dont l’état mental est perturbé qui pourraient être orientées vers des ressources autres qu’un centre hospitalier y sont tout de même référées. En effet, l’accès à un intervenant social peut s’avérer parfois difficile, surtout en dehors des heures de services des Centres intégrés de santé et de services sociaux. De plus, on observe que plusieurs crises, notamment les crises au niveau de la clientèle jeunesse, se profilent le soir ou les fins de semaine. Les parents présentant un sentiment d’impuissance face aux comportements problématiques de leurs jeunes en viennent à composer le 911 pour accéder rapidement à un intervenant terrain avec l’objectif qu’il parvienne à apaiser les tensions. Il ressort qu’une majorité de ces appels ne sont pas des demandes d’aides nécessitant un support policier. En effet, c’est le constat qu’en font les patrouilleurs lorsqu’ils évaluent les éléments déclencheurs de l’appel au 911. Toutefois en l’absence de ressources psychosociales, ces familles se réfèrent à ce type d’intervenants. «Faute de réponses adéquates des ressources sociales, les policiers assument des rôles de substitution», a constaté Guillaume Ouellet, qui a interrogé des policiers de Montréal sur leurs réalités au travail. (Gonthier, 2016) Ainsi, on constate une mauvaise utilisation des ressources policières qui s’avèrent déjà limitées et qui se doivent d’être disponibles pour les interventions à caractère civil et criminel. Il faut comprendre que les  policiers accordent un important temps d’intervention lors d’appels à caractère social, car ces appels prennent généralement plus de temps. Dans plusieurs des situations où les policiers sont intervenus au cours de la dernière année, les familles nommaient un besoin d’accompagnement et nécessitaient que de brèves interventions pour retrouver leurs repères. De plus, il peut sembler complexe pour les policiers d’évaluer si les besoins de la famille s’adressent au CISSS ou plutôt à la Protection de la jeunesse, lorsqu’ils envisagent de référer ces familles pour un support complémentaire. On réalisait un manque d’arrimage au niveau des divers services (service de police, hôpital, CISSS, organismes communautaires).
​De plus, on constate que les organismes communautaires sont méconnus de la population et malheureusement de certains professionnels. La situation est semblable au niveau de l’intervention post-crise en contexte de violences. La difficulté d’accès et la méconnaissance des services de support post-crise semblent amener une récurrence des demandes d’aide urgentes. Il faut penser aussi que la clientèle en besoin n’est pas toujours rejointe par les services du réseau de la santé. On rencontre également, l’enjeu des portes tournantes, c’est-à-dire que des policiers interviennent dans le cadre de situations d’urgence. Ainsi, les patrouilleurs du service de police assurent la sécurité des citoyens dans l’immédiat parfois, par un hébergement, tantôt par une hospitalisation. Toutefois, ces moyens s’avèrent aidant à court terme, mais peu efficaces à long terme. On constate qu’en l’absence d’arrimages au niveau des services, les mêmes interventions sont répétées auprès de certains citoyens. C’est également ce que rapporte Guillaume Ouellet, chercheur à l’Université du Québec à Montréal dans son entrevue avec la journaliste, Valérie Gonthier : «Le policier est dans l’urgence lors d’une intervention. Il va ensuite tenter de relayer le cas aux bons services, ce qu’il est souvent incapable de faire». (Gonthier, 2016)

  • La méthodologie envisagée:
    • Intervention individuelle
    • Intervention familiale
    • Intervention de groupe
    • Approches : Orientée vers les solutions, systémique, crise
       
  • Les retombées attendues

D’abord, ce projet vise à développer une expertise au niveau de l’intervention en collaboration avec les corps policiers. Ce projet permettra de rendre disponible un intervenant psychosocial afin qu’il puisse intervenir auprès de personnes en situation de crise ou dans un délai rapproché.

Ce projet vise à dégager les patrouilleurs, lorsque la situation ne nécessite pas un support policier. En effet, il est envisagé que la présence d’un intervenant social puisse réduire le temps d’intervention des policiers sur les appels d’urgence de nature psychosociale et ainsi permettre aux patrouilleurs d’être disponibles pour les appels qui nécessitent leur implication pour assurer la sécurité citoyenne.

Il est attendu que l’intervenant social travaillant au sein du service de police puisse jouer un rôle pivot et de liaison en matière d’interventions sociales. Ainsi, l’intervenant social travaillera en collaboration avec les ressources gouvernementales (CISSS et DPJ) et communautaires (maison d’hébergement, centre de crise, accueil communautaire, etc.). Le tout ayant pour objectif de référer au besoin la clientèle, vers les ressources appropriées susceptibles de pouvoir leur venir en aide suite à une intervention policière.

Vanessa Scraire-Laframboise

Vanessa Scraire-Laframboise
Étudiante à la maitrîse en travail social
Université de Montréal
vanessa.laframboise@hotmail.com